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Rester sous les plafonds du régime micro-entrepreneur est une préoccupation constante pour les activités qui se développent bien. Contrairement à une idée répandue, dépasser une fois le seuil ne fait pas automatiquement basculer vers un régime fiscal différent : c’est la répétition du dépassement, sur deux années consécutives, qui déclenche le changement. Mais entre-temps, plusieurs conséquences pratiques, notamment sur la TVA, apparaissent bien avant que ce basculement ne soit acté.

Cet article détaille les montants applicables en 2026, la méthode de calcul pour les activités mixtes, et ce qui change concrètement en cas de dépassement. Il complète notre guide complet de l’auto-entrepreneur en 2026.

Les plafonds applicables en 2026

Deux plafonds coexistent selon la nature de l’activité exercée.

Type d’activité Plafond de chiffre d’affaires annuel
Vente de marchandises, denrées à emporter ou à consommer sur place, prestations d’hébergement 203 100 € HT
Prestations de services relevant des BIC ou des BNC, professions libérales 83 600 € HT

Ces montants s’apprécient sur une année civile complète. Pour une activité créée en cours d’année, le plafond est proratisé en fonction du nombre de jours d’activité restant jusqu’au 31 décembre, ce qui est souvent source de confusion pour les créateurs qui démarrent en milieu d’année.

Le cas particulier de l’activité mixte

Certains auto-entrepreneurs exercent à la fois une activité de vente et une activité de prestation de services, par exemple un artisan qui vend des matériaux tout en facturant sa main-d’œuvre. Dans ce cas, deux règles s’appliquent simultanément : le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, et la part réalisée en prestations de services ne doit pas, à elle seule, dépasser 83 600 €. Il est donc possible de dépasser 83 600 € au global sans sortir du régime, tant que la partie prestations de services reste sous son propre plafond et que le total reste sous 203 100 €.

Situation Conforme au régime micro ?
150 000 € de vente, 40 000 € de prestations (total 190 000 €) Oui, les deux plafonds sont respectés
50 000 € de vente, 90 000 € de prestations (total 140 000 €) Non, le plafond des prestations est dépassé
210 000 € de vente uniquement Non, le plafond global est dépassé

Que se passe-t-il en cas de dépassement ?

Un dépassement ponctuel, une seule année, n’entraîne pas de sortie immédiate du régime micro. C’est le dépassement pendant deux années civiles consécutives qui fait basculer l’entrepreneur vers un régime réel d’imposition à compter du 1er janvier de l’année suivante. Ce changement implique une comptabilité plus complète, avec un compte de résultat et, selon la forme choisie, potentiellement un bilan, ainsi qu’une imposition sur le bénéfice réel plutôt que sur un abattement forfaitaire appliqué au chiffre d’affaires.

Ce basculement n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle : pour une activité dont les charges réelles sont élevées, un régime réel peut s’avérer plus favorable que l’abattement forfaitaire du micro. C’est souvent à ce moment que se pose la question du passage en société, abordée dans notre article passer de l’auto-entreprise à la société.

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Ne pas confondre plafond du régime et seuil de TVA

Ce plafond de chiffre d’affaires ne doit pas être confondu avec le seuil de la franchise en base de TVA, plus bas, qui détermine à partir de quand il faut facturer la TVA à ses clients. Un auto-entrepreneur peut très bien dépasser le seuil de TVA tout en restant confortablement sous le plafond du régime micro. Les deux mécanismes obéissent à des règles distinctes, détaillées dans notre article sur la franchise en base de TVA pour auto-entrepreneur.

D’où viennent ces montants et à quelle fréquence changent-ils ?

Les plafonds du régime micro ne sont pas figés définitivement : ils sont fixés par décret et revalorisés périodiquement pour tenir compte de l’évolution générale des prix, en principe tous les trois ans. Cette révision explique pourquoi les montants observés dans des articles ou des simulateurs un peu anciens peuvent différer de ceux applicables en 2026. Avant toute décision importante, comme un investissement ou une embauche envisagée sous un autre statut, il est donc utile de vérifier le montant en vigueur au moment précis de la démarche, plutôt que de se fier à un chiffre mémorisé de longue date.

Cette stabilité relative des seuils, maintenue plusieurs années de suite, a d’ailleurs constitué un argument en faveur du statut pour de nombreux créateurs, qui ont pu bâtir une activité durable sans craindre un changement brutal de règles d’une année sur l’autre. Les discussions budgétaires successives ont néanmoins régulièrement remis le sujet des seuils sur la table, notamment celui, distinct, de la franchise en base de TVA.

Anticiper un dépassement plutôt que le subir

Un dépassement anticipé se gère très différemment d’un dépassement découvert a posteriori. Les entrepreneurs qui approchent un plafond en cours d’année ont intérêt à solliciter un avis professionnel avant la fin de l’exercice, afin d’étudier les options disponibles : ralentir volontairement l’activité sur les derniers mois de l’année n’est généralement pas souhaitable ni toujours possible, mais anticiper le passage à un régime réel ou à une société permet d’éviter une bascule fiscale non préparée, avec par exemple une TVA à collecter rétroactivement ou une comptabilité à reconstituer dans l’urgence.

Suivre son chiffre d’affaires au fil de l’eau

La meilleure façon d’éviter un dépassement subi est de suivre son chiffre d’affaires cumulé mois après mois, plutôt que de le découvrir en fin d’année. Un logiciel de facturation adapté permet généralement de visualiser ce cumul et d’alerter avant que le seuil ne soit atteint. Voir notre comparatif des logiciels de facturation pour auto-entrepreneur pour choisir un outil qui inclut ce type de suivi.

  • Vérifier chaque mois le cumul de chiffre d’affaires encaissé depuis le 1er janvier.
  • Anticiper les mois à forte activité qui pourraient faire franchir un seuil.
  • Étudier en amont les conséquences d’un passage en régime réel ou en société avant que le dépassement ne soit acté.
  • Se faire accompagner par un professionnel dès que le chiffre d’affaires approche 80 % du plafond applicable.

Questions fréquentes

Le plafond est-il le même pour une activité créée en cours d’année ?

Non, il est proratisé en fonction du nombre de jours d’activité sur l’année de création, ce qui abaisse le seuil réellement applicable la première année.

Un dépassement exceptionnel fait-il perdre le statut immédiatement ?

Non, il faut un dépassement sur deux années civiles consécutives pour que la sortie du régime micro devienne effective l’année suivante.

Le chiffre d’affaires à prendre en compte est-il facturé ou encaissé ?

C’est le chiffre d’affaires encaissé sur l’année qui compte pour apprécier le plafond, et non les sommes facturées mais non encore réglées par les clients.

Les plafonds sont-ils réévalués chaque année ?

Ils sont revalorisés périodiquement, en principe tous les trois ans, en fonction de l’évolution des prix. Il convient de vérifier les montants en vigueur au moment de la déclaration.

Peut-on demander à sortir volontairement du régime micro avant d’atteindre le plafond ?

Oui, il est possible d’opter volontairement pour un régime réel d’imposition, notamment lorsque les charges réelles rendent cette option plus avantageuse que l’abattement forfaitaire.

Cette information est générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les seuils mentionnés peuvent évoluer : il est recommandé de vérifier les montants en vigueur auprès de l’URSSAF ou d’un expert-comptable avant toute décision.